Séminaire à la Maison du Barreau avec Amine Gemayel

logocom2Laïcité ou laïcités ? Pour une formule adaptée aux réalités du monde arabe : Un séminaire à la Maison du Barreau avec Amine Gemayel comme invité d’honneur

ODAP-logoBéchara TARABAYSous le patronage du Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Paris, Pierre-Olivier Sur et à l’initiative de la commission «Paris-Beyrouth» de l’Ordre présidée par Me Béchara Tarabay, un séminaire sur le thème de « la laïcité face aux défis de la gouvernance démocratique au monde arabe » s’est tenu mardi dernier à la Maison du Barreau de Paris.

Amine GemayelAvec comme invité d’honneur le Président Amine Gemayel et la participation de personnalités politiques  et d’éminents juristes français et libanais.

Vaste sujet et longs débats en trois séances avec un auditoire sélect et interactif.

Après un mot de bienvenue du Bâtonnier Sur qui a planté le décor et souhaité la bienvenue au Président Gemayel, aux participants et au public, une première table ronde intitulée « Laïcité ou laïcités »… a donné de la hauteur au débat. Grâce à quatre conférenciers qui ont traité sous divers angles un concept de « laïcité orientale contextualisée ».  

Première intervenante : Mme Valentine Zuber de la Sorbonne qui a procédé à une lecture occidentale académique et politique de cette notion de laïcité à géométrie variable.

Le modérateur de cette première séance, le linguiste Abbas Torbey, devait donner ensuite la parole à l’écrivain et historien Ahmad Beydoun qui a répliqué par une lecture orientale évoquant amplement l’expérience libanaise.

Les deux autres intervenants, M. Mohammed Sammak (secrétaire général du comité national islamo-chrétien) et Mgr Philippe Brizard, ancien directeur de « l’œuvre d’Orient » ont traité de théologie politique avec des lectures et des approches islamique et chrétienne du sujet. Fort à propos à un moment où ces deux religions s’affrontent sur un mauvais terrain avec des protagonistes pris dans un engrenage de d’incompréhension et de violence alors que les deux religions prônent l’ouverture et le dialogue.

Deuxième séance, transposition aux expériences de laïcité dans le monde arabe.

Magistrale intervention de Me Carol Saba, avocat à la Cour de Paris sur le thème « Au cœur de la fournaise actuelle, les leçons du paradigme libanais ». Une approche historique et politique permet au conférencier de comparer et d’analyser avant de faire un constat réaliste mais non pessimiste.

Deuxième exposé signé Me Talal Husseini, avocat à la Cour (Liban) et lu par un collègue : Une interrogation et une réponse : « Une laïcité possible sans mariage civil ? Le mariage civil, le droit et le contrat sur le territoire libanais. Un pari engagé et gagné par un couple libanais qui a pu imposer et faire enregistrer à l’état-civil une union contractée sur le territoire libanais. Une grande victoire qui n’a pourtant pas encore fait jurisprudence pour diverses raisons.

Troisième et dernière conférence de cette séance : celle de l’ancien ambassadeur de France Jacques Hutzinger qui a évoqué les leçons de laïcité des expériences emblématiques actuelles en Méditerranée. Brillante et éloquente prestation qui a déclenché une série de questions du public, également adressées aux deux autres intervenants.

Après une pause-café, la salle se remplit de nouveau pour ce qui figurait au programme comme la grande table ronde intitulée : « Le monde arabe en mouvement » et présentée par Me Béchara Tarabay avec come modérateur, M. Joseph Maïla, professeur de sociologie politique.

Me Tarabay définit le cadre : Quel avenir pour la relation ambivalente « politique-religion dans le monde arabe : une laïcité contextualisée au vécu du monde arabe est-elle possible ? N’est-elle pas nécessaire ?

C’est le Président Amine Gemayel qui aborde en premier le sujet en insistant sur l’importance de l’éducation par où doit commencer l’effort vers l’ouverture et la tolérance. Il dénonce le système éducatif au Liban et dans d’autres pays arabes et préconise une véritable politique favorisant la tolérance et la connaissance de l’autre dans un pays bâti sur le communautarisme et l’allégeance à la religion plutôt qu’à la patrie.

L’ambassadeur Renaud Donnedieu de Vabres étend son champ d’observation à l’ensemble de la région mettant le doigt sur les points sensibles du problème et estimant qu’un travail en amont doit être fait avant même d’évoquer une question aussi controversée que la laïcité.

Nassif Hitti, ancien ambassadeur de la Ligue Arabe à Paris et actuellement en poste à Rome, a cité l’expérience tunisienne, une « success story » en matière de laïcité adaptée au pays au peuple et à ses traditions.

Le mot de la fin et la conclusion du séminaire étaient réservées à Karim Bitar, directeur de recherche à l’IRIS.

Cinq minutes de survol du thème central avec des escales, des arrêts sur image et des lectures ouvrant des pistes inespérées au milieu des drames successifs que vit le monde arabe depuis la chute de l’empire ottoman.

Un des moments forts de ce séminaire pour lequel il faut féliciter et remercier les organisateurs mais aussi les intervenants et le public.

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