ELIE MASBOUNGI : 50 ans de journalisme

WP1-Orient le JourLES 50 ANS DE JOURNALISME FRANCOPHONE DE NOTRE COLLABORATEUR ELIE MASBOUNGI

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DH000296Notre photo : Notre correspondant Elie Masboungi entouré des invités au dîner de l’ambassadeur Khalil Karam.

Voir également le diaporama à la fin de l’article et le mot de remerciement d’Elie Masboungi

L’ambassadeur Khalil Karam, délégué permanent du Liban auprès de l’Unesco et président du groupe parlementaire francophone au sein de cette organisation, a offert jeudi dernier en sa résidence un dîner en l’honneur de notre correspondant à Paris Elie Masboungi à l’occasion de ses cinquante années de journalisme en langue française.

Nicolas Dimic, conseiller, délégué permanent adjoint du Canada, a remis à notre confrère un trophée à cette occasion.

Parmi les convives, M. Romain Nadal, porte-parole du Quai d’Orsay, Mme Michela Secci, présidente de l’A.P.E., M. Patrick Karam, président de la Chredo, M. Edmond Abdel Massih, président de l’UCLM-France, le Dr Antoine Chédid, président du RPL, M. Sleiman Sleiman et des journalistes amis.

Vendredi, au cours du point de presse hebdomadaire du ministère des Affaires étrangères, le porte-parole, M. Romain Nadal a évoqué la carrière d’Elie Masboungi dans la presse francophone et lui a offert un cadeau-souvenir à cette occasion.

DISCOURS D’ELIE MASBOUNGI

 

Monsieur le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, M. Romain Nadal qui est l’invité d’honneur de cette réunion familiale.

Monsieur l’ambassadeur délégué du Liban près de l’Unesco, M. Khalil Karam, notre hôte de ce soir.

Chers amis,

Cinquante ans, c’est beaucoup… et c’est peu…

C’est beaucoup parce qu’un demi siècle s’est écoulé depuis que j’ai été engagé à plein temps au journal « Le Soir » de Beyrouth en 1965.

C’est peu parce depuis, il ne s’est pas passé  un jour sans que je me rende au journal plein d’entrain… J’éprouve encore ce sentiment aujourd’hui lorsque je me mets au travail. Car dans notre métier aucune journée ne ressemble à une autre…

Sinon, à quoi servirait le journal me direz-vous…

Des souvenirs ?

Je me contenterai d’en évoquer pêle-mêle quelques temps temps forts de mon parcours…

Le printemps de Prague en Mai 1968

La visite du Président Richard Nixon à Bucarest qui a ouvert la voie aux relations sino-américaines (900 journalistes accrédités à Budapest).

Les funérailles de Gamal Abdel Nasser.

La guerre de 1967 et la lame de fond dont on ressent encore l’effet.

Plus tard, avant, pendant et après le guerre libanaise, d’autres moments inoubbliables : l’élection du président Sleiman Frangié, normalement, Place de l’Etoile, le Président Elias Sarkis (à Chtaura sous la protection des soldats syriens) et Béchir Gemayel (à la caserne de Fayadieh)

La négociation libano-israélienne qui était en fait une reddition puisque nous couvrions les négociations tous les jeudis, alternativement à Kyriat Shmona et à Khaldé à l’ombre des chars israéliens…

Cette guerre libanaise de 1975 dont nous venons de commémorer le triste souvenir depuis quelques jours, je l’ai faite au quotidien (de 1976 à 1083) avec mes camarades de « L’Orient Le Jour ».

Dans des conditions dont je n’évoquerai ici que quelques unes : travailler la peur au ventre se déplacer en évitant les barrages de miliciens, pénuries diverses   (eau électricité durant les premiers mois. Aucune possibilité de rentrer chez eux pour ceux d’entre nous qui habitaient du mauvais coté de l’autre côté de la ligne de front sans communications entre les deux parties de Beyrouth. Donc séjours forcés dans les hôtels situés près du journal.

Dans ce pays divisé (encore divisé dirais-je…) notre seul engagement était que je journal sorte tous les matins pour donner de l’espoir aux gens après des nuits de  cauchemar. Et nous avons gagné ce pari et nous avons perdu des camarades.

Mais pour ceux qui ont survécu, que dire aujourd’hui sinon qu’après une telle épreuve aux plans professionnel et humain, on éprouve cette fausse et dangereuse impression que plus rien ne peut vous arriver et que vous n’avez plus peur de rien…

Avec une expérience professionnelle que de rares journalistes dans le monde ont eu la chance d’acquérir en si peu de temps.

Mais, nous ne sommes pas là ce soir pour une veillée de souvenirs au coin du feu…

Nous sommes là pour rendre hommage aux grands de la presse francophone libanaise avec lesquels, tout jeune journaliste, j’ai eu la chance de travailler. Dikran Tosbath, mon premier patron, Kesrouan Labaki, Georges Naccache, Jean Chouéri, même Charles Hélou dont j’étais si fier de taper les articles qu’il me dictait en mâchonnant du papier brouillon récupéré des rames du papier journal en m’invitant à faire de même . Parce que ça contient du glucose, me disait-il…

Merci Monsieur l’ambassadeur de m’avoir donné l’occasion de célébrer mes 50 ans de métier avec mes amis.

Merci pour votre trophée que je garderai en bonne place et que je montrerai avec fierté à mes parents et amis.

Pour le reste, pas de retraite…

Le journalisme mène à tout dit-on, à condition d’en sortir….

Et cela fait cinquante ans  que j’essaye d’en sortir… et de m’en sortir…

Merci

Elie Masboungi

 

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