Soutien aux Chrétiens d’Orient : l’appel du 18 juin de Bruno Le Maire

WP1-Orient le JourSoutien aux Chrétiens d’Orient : Recours à la force contre Daesh en Syrie et organisation d’une conférence internationale pour rechercher une solution politique au conflit syrien.

Bruno Le Maire - Elias MasboungiBruno Le Maire a décidé de se rendre les 17 et 18 juin au Liban, « pays frère de la France » pour témoigner de sa profonde amitié envers le Liban et les libanais. Il  sera à Beyrouth jeudi 18 juin, jour du 75e anniversaire de l’appel à la résistance du général de Gaulle en 1940 contre l’occupant nazi, appel qui a permis à la nation française de survivre.

Cette commémoration est empreinte d’une symbolique particulière, à la vue de la montée en puissance de l’islam radical et de Daesh dans la zone. « Nous ne sommes pas loin d’une véritable catastrophe en Syrie avec l’expansion de Daesh et d’Al-Nosra. Je vais donc à Beyrouth appeler à résister en ce jour symbolique du 18 juin »

Ancien ministre, à 46 ans, il fait figure de 3e homme derrière Sarkozy-Juppé pour la primaire de la droite et du centre qui désignera le futur candidat à l’élection présidentielle française de 2017.

Il incarne, selon le Figaro, « un renouvellement générationnel de la classe politique française ». Il entend  ainsi sortir des sentiers battus en se rendant  au  pays du cèdre en ces moments difficiles. Ce pays qu’il connaît et suit de près depuis son entrée au Quai d’Orsay et son travail auprès de Dominique de Villepin.

« J’aime profondément le Liban qui a une proximité naturelle avec la France », déclare Bruno Le Maire à « l’Orient Le Jour » avant son départ pour Beyrouth en compagnie de son ami politique, le député Elie Aboud.

Il estime que la France doit être « le porte-voix du Liban, notamment auprès de ses partenaires européens » et pense qu’il faut non seulement garder mais surtout approfondir les liens entre les deux pays.

Pourquoi y aller maintenant ?

Parce que le Liban est confronté à des défis importants et  que je veux rencontrer mes amis libanais pour en discuter avec eux, répond M. Le Maire qui poursuit : « Il y a des défis politiques internes et je ne veux pas m’en mêler. Mais chacun voit bien que le fait de ne pas avoir de Président aujourd’hui pose  des difficultés au Liban dans cet équilibre confessionnel qui est un exemple pour les autres pays ».

Autre raison de cette visite: le défi créé par l’afflux de réfugiés syriens que le pays accueille, notamment les réfugiés chrétiens qui viennent des pays environnants, et la nécessité pour la communauté internationale de soutenir le pays à hauteur de cette charge.

« J’attache une importance majeure à la défense des chrétiens d’orient car l’identité de l’orient est consubstantielle à la présence de chrétiens dans cette région », ajoute l’ancien ministre français qui s’élève contre les exactions, les assassinats et la persécution de Chrétiens en Irak et en Syrie.

Il rend hommage aux Libanais qui accueillent sur leur sol les réfugiés chrétiens, un accueil qui « force notre admiration », poursuit-il.

Il annonce qu’au cours de son séjour au Liban, il visitera le camp de réfugiés de Zahlé pour discuter avec la population et les responsables locaux et religieux notamment Monseigneur Darwish, archevêque de Zahlé.

Enfin, en se rendant jeudi matin à Naqoura, Bruno le Maire souhaite rendre un hommage aux militaires français, présents dans la FINUL et qui participent à la stabilité du sud Liban.

Pourquoi la France, grande amie du Liban ne va pas plus loin dans ses tentatives de sortir le Liban de cette crise présidentielle ?

Tout simplement, répond Bruno Le Maire, parce que ce serait de l’ingérence dans les affaires du pays. Les Libanais doivent trouver eux-mêmes une solution politique à cette crise qui ne doit plus durer car le pays a besoin d’un Président élu et indépendant. « L’intérêt du Liban doit passer avant les intérêts particuliers ».

Autre sujet d’inquiétude pour l’ancien ministre : le danger représenté par la prise du pouvoir dans de larges zones de la Syrie de Daech et d’Al Nosra, qui pèse sur le Liban et menace son unité et sa stabilité. «Le Liban doit être préservé d’une contagion de la crise en Syrie». Il se demande comment « nous avons pu laisser faire ces organisations terroristes »  souhaitant que la France « retrouve son esprit de résistance » face à cette même menace.

Des propositions concrètes

L’ancien candidat à la présidence des « Républicains » (nouvelle appellation de l’UMP) propose en premier lieu que la France  se batte pour faire adopter au Conseil de sécurité des Nations Unies une résolution autorisant le recours à la force contre Daesh en Syrie. « Il est inacceptable de voir Daesh s’emparer si facilement de Palmyre dans une relative indifférence et surtout sans aucune réaction internationale concrète».

En second lieu, « Il faut que Paris prenne l’initiative d’une conférence internationale qui réunirait la totalité des pays du Moyen-Orient». Cette conférence devrait selon lui rechercher une solution politique à la guerre en Syrie qui est une menace inacceptable pour le Liban. « Il n’y a pas de solution militaire possible sans l’association d’une solution politique » a t-il ajouté.

« Le Liban doit être protégé, notamment du terrorisme», a encore dit M. Le Maire qui a appelé au développement et au renforcement des relations et des liens franco-libanais dans le cadre d’une communauté francophone à vocation économique où le Liban aurait une place prépondérante

Entraîner l’Europe dans une politique étrangère commune au M.O.

Au chapitre de la politique arabe  (ou les politiques arabes) de la France, le dirigeant français préconise une seule politique qui se baserait  sur le respect des frontières de chaque pays et le renforcement de l’Etat de droit dans le respect des intérêts de chaque communauté.

Au sujet de l’Iran, M. Le Maire a rappelé qu’il était en charge des questions de non-prolifération nucléaire au Quai d’Orsay et surtout qu’il travaillait auprès Dominique de Villepin, lorsque la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont lancé les négociations de non-prolifération avec l’Iran.  « La seule façon de s’assurer que l’Iran ne soit pas en mesure de posséder l’arme nucléaire est un accord conduisant à contrôler sa capacité nucléaire. La détention de l’arme nucléaire par l’Iran est inacceptable et constitue une menace pour la sécurité de la région et plus particulièrement d’Israël ».

« Je regrette que l’Europe ait perdu son leadership sur ce sujet au profit des Etats-Unis ». Il a affirmé que la France s’est affaiblie depuis 2003 alors qu’elle devrait entraîner l’Europe entière dans une politique étrangère stable et équilibrée. « Si nous voulons restaurer la puissance politique de notre pays, nous devons restaurer sa puissance économique ».

« Pour ma part », a conclu M. Le Maire, « je n’accepte pas que la France soit reléguée au deuxième plan sur la scène politique mondiale ».

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