Le « dîner de travail sur la Syrie » de Laurent Fabius

WP1-Orient le JourLe « dîner de travail sur la Syrie » de Laurent Fabius : UNE FORTE RIVALITE FRANCO-RUSSE POUR RESTER SUR LE DEVANT DE LA SCENE

P011-3_783341_665974_largeLe ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Stéphane de Sakutin/AFP

La conférence de Paris sur la Syrie a pris hier la forme d’un dîner de travail avec, autour du chef de la diplomatie française Laurent Fabius, ses homologues ou des représentants des pays suivants : Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, la Jordanie, Qatar, la Turquie, l’Allemagne, les USA, l’Italie et le Royaume Uni.

Cette concertation à neuf avait l’air d’être non seulement une riposte de la France à la conférence tenue vendredi dernier à Vienne sans elle mais aussi une volonté de convaincre ses hôtes américain, européens et arabes d’exclure ou à défaut de minimiser le rôle du Président Bachar El Assad du processus de transition politique vers « un régime démocratique respectueux de toutes les communautés », selon l’expression utilisée dans un communiqué diffusé hier par le Quai d’Orsay qui évoque aussi  à l’ordre du jour « le renforcement de l’action contre le terrorisme ».

Cette hâte française d’organiser cette rencontre s’explique, selon des milieux diplomatiques parisiens, par une volonté d’anticiper coûte que coûte une éventuelle deuxième « conférence de Vienne » dont le format exclut la France à l’avantage de la Russie.

En raison justement de cette précipitation et des réponses tardives des pays invités, ce « dîner de travail » s’est tenue loin des médias  et jusqu’en début de soirée on ne savait pas encore quels ministres viendraient et quels son les pays qui s’abstiendraient de venir ou qui délégueraient des représentants de deuxième rang. On savait en tout cas que ni le secrétaire d’Etat John Kerry (actuellement engagé au Moyen-Orient) ni le ministre britannique des Affaires étrangères (retenu par un débat important aux « Communes ») ne seraient présents au Quai d’Orsay, lieu naturellement choisi pour cette concertation.

« La rivalité entre Paris et Moscou sur l’ascendant à prendre sur la Syrie est claire » nous confiait hier soir une personnalité syrienne non engagée établie sur les rives de la Seine. Sans compter, peut-on ajouter la rivalité russo-américaine ou la lutte d’influence que se livrent au chapitre de la Syrie l’Iran et l’Arabie Saoudite puis la Turquie et l’Egypte… et pourrait encore citer d’autres « amis du peuple syrien » dans le monde.

Que peut-on dire d’autre sur le dîner d’hier soir sinon que le deuxième sujet à l’ordre du jour, à savoir la guerre contre « Daech », est fédérateur en apparence mais porteur lui aussi de divergences quant aux moyens utilisés sur le terrain par les uns et les autres.

Hier, au cours d’une conférence de presse qu’il donnait à Moscou avec son homologue géorgien, le ministre russe des A.E., M. Serguei Lavrov déclarait que son pays avait demandé à des pays engagés dans la lutte planétaire contre « Daech » quelles sont les forces de l’opposition syrienne à épargner sur le terrain. « Nous attendons toujours une réponse », a-t-il ajouté.

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